Details
Study title
Foreigners in Switzerland? The process of integration from one generation to the next
Ref study 4753
Study language French
Contributing institutions
Authors
Keywords
  • Migrations
  • Integration
  • Identité
  • Relations intergénérationnelles
  • Mobilité sociale
  • Deuxième génération
  • Cycle de vie
Disciplines
Period
Des années 1960 à nos jours
Geographical space
Principalement les cantons de Genève et Bâle-Ville
Country
  • Switzerland
Abstract
The research focuses on the ways in which Swiss "second generation" adults between the ages of 20 and 35 are integrated into society, as well as how they experience their bicultural situation. It focuses more specifically on the children of Italian and Spanish immigrants residing in the cantons of Basel-City and Geneva. Its objective is to know whether or not this population has specific mobility trajectories, and to what extent it develops particular forms of identity. It also seeks to understand the modes of articulation between the modes of integration of these young adults to the Swiss society and their types of identity affirmation. This research allows us to analyze the integration of two successive generations of immigrants in different cantonal contexts, from the point of view of their socio-economic and cultural context, as well as the integration policies implemented in each of these cantons. This study makes it possible to contribute to the public debate on the forms of integration of immigrants and to contribute to the evaluation of the political and social measures planned or adopted in that respect.
Results
Parmi les principaux résultats de notre recherche nous retenons les suivants:
Le fait que les jeunes adultes de la "deuxième génération" ont été socialisés très largement - sinon exclusivement - dans le pays de résidence leur a donné accès à des niveaux de formation aussi élevés que les enfants des Suisses issus d'un milieu social similaire. Ceux/celles qui ont arrêté leur formation après la scolarité obligatoire constituent en effet une minorité très restreinte de 7% (2% si l'on considère uniquement les personnes âgées de 18 à 35 ans), alors que près de 80% de leurs pères/mères n'avaient pas dépassé la scolarité obligatoire. De plus, un tiers des jeunes issus de la migration a terminé - ou est sur le point de terminer - une formation de niveau tertiaire, proportion analogue à celle que l'on trouve parmi leurs homologues d'origine suisse issus d'un milieu social proche, mais inférieure à celle qui connaissent les jeunes d'origine suisse dont les parents détiennent un diplôme tertiaire.
Ce capital culturel (formation, langues) permet à cette population de connaître une mobilité sociale ascendante par rapport à la situation de leurs parents. Ils abandonnent les professions manuelles et glissent massivement vers des professions du type "col blanc": employés qualifiés, cadres inférieurs et moyens (plus de 70% des actifs). Leur parcours professionnel ne diffère guère de celui des jeunes d'origine suisse issus d'un milieu social comparable: ils réalisent ainsi le projet de mobilité sociale que leurs parents avaient formé pour eux. On notera également qu'ils sont moins nombreux que les jeunes d'origine suisse à considérer que l'origine sociale des parents influence fortement la réussite professionnelle d'un jeune d'aujourd'hui (38% vs 48%); pour expliquer la mobilité, ils privilégient ainsi le mérite personnel au détriment des déterminismes sociaux. On peut donc estimer qu'à la différence d'autres pays européens, un processus d'intégration sur le plan socio-économique est, d'une génération à l'autre, en marche. Ce processus a été facilité par la longue période de croissance économique et de faible chômage qu'a connue la Suisse, à l'inverse des pays voisins. On peut se demander cependant dans quelle mesure les modifications de la structure économique actuellement en cours affecteront ce processus, en particulier pour les jeunes qui se présentent aujourd'hui sur le marché du travail. Par ailleurs, le processus d'insertion reste encore inégal en ce qui concerne la participation à des emplois du secteur public. En effet, seul un quart des jeunes issus de la migration y travaillent alors que tel est le cas de près de 40% des jeunes d'origine suisse.
En ce qui concerne l'acquisition de la nationalité suisse, les jeunes de la deuxième génération ont moins d'obstacles à surmonter que leurs parents: 43% d'entre eux ont obtenu la nationalité, le plus souvent en conservant ou en récupérant leur nationalité d'origine. Par ailleurs, 14% songent à la demander bientôt, alors que 43% "n'y songent pas". Le processus d'acquisition de la nationalité demeure néanmoins sélectif, puisque les naturalisés sont issus des familles à niveaux de formation et socioprofessionnel plus élevés que la moyenne, et dont le niveau d'intégration à la société suisse tend vers l'assimilation. Enfin, l'accession à des positions statutaires relativement élevées sur le plan de la formation et de l'emploi est plus manifeste pour les jeunes d'origine immigrée qui sont naturalisés que pour ceux qui sont restés étrangers (42% des premiers et 21% des seconds accèdent par exemple à une formation de niveau tertiaire). Si l'on compare les procédures suisses d'acquisition de la nationalité avec celles mises en place dans les pays voisins, on constate que le processus est plus lent qu'en France, où le jus soli offre aux jeunes qui y sont nés une accession quasi automatique à la citoyenneté, mais plus rapide qu'en Allemagne où la nationalité est jusqu'à présent attribuée selon le droit du sang.
Aujourd'hui, la majorité des jeunes issus de la migration se trouve bien insérée dans des réseaux sociaux informels, relativement diversifiés du point de vue de leur composition ethnique. Leur participation à des réseaux formels de type associatif est, par contre, un peu plus faible que celle des jeunes d'origine suisse (39% de participants versus 47%). Leur parcours d'intégration n'a cependant pas toujours été exempt d'embûches. Près de quatre jeunes sur dix affirment avoir connu des situations d'hostilité ou d'injustice en raison de leur origine, notamment de la part des jeunes de leur génération. Beaucoup se souviennent par ailleurs de la période Schwarzenbach, des initiatives xénophobes, même si aujourd'hui ils estiment être traités de la même manière que les jeunes d'origine suisse. Il est vrai que les plus hautes autorités se réfèrent à eux comme à des "étrangers uniquement sur le papier".
Leur forte mobilité sociale, leur accession plus aisée à la nationalité suisse et la diversification de leur réseau social n'impliquent pas qu'ils s'éloignent de leurs parents, avec lesquels ils gardent des contacts très étroits et des relations de solidarité importantes. Les liens intergénérationnels sont en effet plus forts que dans les familles suisses: les jeunes d'origine espagnole/italienne quittent plus tard le foyer parental; s'ils le quittent, ils habitent plus fréquemment à proximité du lieu de résidence de leurs parents et les voient plus souvent; et 57% de ces jeunes, contre 42% des jeunes d'origine suisse, envisagent d'accueillir leurs parents chez eux au cas où ces derniers se retrouveraient handicapés ou dépendants. L'intégration réussie des jeunes d'origine immigrée ne signifie pas non plus une tendance majoritaire à l'assimilation culturelle: certains indicateurs en témoignent. La grande majorité des enquêtés estime maîtriser aussi bien la langue locale que la langue d'origine. Même si plus de la moitié (55%) d'entre eux estime que "leur" langue est le français ou l'allemand, 22% considèrent que c'est l'italien ou l'espagnol et 23% se jugent bilingues. Ajoutons que 45% des personnes avec enfant(s) utilisent souvent ou toujours avec ces derniers la langue d'origine. Plus significatif: à la question "Si l'on vous demande qui vous êtes...", 13% des jeunes interrogés disent se sentir suisses ou genevois/bâlois, un tiers se considèrent avant tout comme Italiens/Espagnols, 45% affirment une identité biculturelle, tandis que 5% se définissent par rapport à des appartenances plus larges (européens, citoyen du monde). En ce qui concerne leurs liens avec le pays d'origine, 90% de ces jeunes s'y rendent au moins une fois par an, au temps des vacances; mais seulement une minorité songe à s'y établir de manière durable. Clairement, la Suisse représente pour eux leur terre de résidence et,encore plus, le pays de leurs enfants. Le problème est que, même si la presque totalité d'entre eux sont nés dans la Confédération, celle-ci ne reconnaît pas encore pleinement leur appartenance à celle-ci. Une politique de naturalisation automatique ou, à tout le moins facilitée, établirait un lien plus clair entre leurs modes de vie concrets et leurs appartenances formelles.
Methods (description)
Le dispositif repose sur une recherche menée dans le cadre du PNR 32. L'échantillon du PNR 32 (1994) était constitué d'immigrés âgés de 55 à 64 ans, italiens et espagnols, résidant à Genève ou à Bâle-Ville. Nous avons, par le biais des parents, obtenu une liste d'adresses de leurs enfants. Un tel dispositif permet d'effectuer une comparaison intergénérationnelle qui, outre les enfants restés étrangers, inclut les descendants naturalisés Suisses. Nous avons interrogé par téléphone 402 jeunes adultes issus de la migration au moyen d'un questionnaire standardisé. L'enquête porte sur l'activité professionnelle de ces jeunes adultes, sur leur vie familiale, leurs relations avec leurs parents, leur participation sociale et politique et leur identité socioculturelle. Un volet qualitatif comporte des entretiens semi-directifs auprès d'une soixantaine d'entre eux. Dans le cadre de cette même enquête, nous avons également interrogé dans les deux cantons mentionnés, un échantillon représentatif de 203 adultes nés Suisses.
Methods (instruments)
Replicated study No
Publications
  • Bolzman, Claudio; Fibbi, Rosita; Vial, Marie. 2003. Secondas - Secondos. Le processus d'intégration des jeunes issus de la migration espagnole et italienne en Suisse. Avec la collaboration de Jasmin El-Sonbati et Elisabeth Esaki. Editions Seismo, Sciences sociales et problèmes et société, Collection: Cohésion sociale et pluralisme culturel, Zurich, 2003.
  • Bolzman, Claudio; Fibbi, Rosita; Vial, Marie. 2003. Que sont-ils devenus? Le processus d'insertion des adultes issus de la migration. In: "Les migrations et la Suisse", Editions Seismo, Sciences sociales et problèmes et société, Collection: Cohésion sociale et pluralisme culturel, Zurich, 2003.
  • Bolzman, Claudio; Vial, Marie; Fibbi, Rosita. 2000. Le processus d'insertion et l'identité des adultes d'origine italienne et espagnole en Suisse: une comparaison entre les naturalisés et les non-naturalisés. In: Centlivres, P. Girod, I. (éd.): Les défis migratoires: actes du Colloque CLUSE, Neuchâtel. Zurich: Seismo, 2000. P. 402-409.
  • Bolzman, Claudio; Vial, Marie; Fibbi, Rosita. 2000. Insertion socioprofessionnelle, appartenances institutionnelles et identité culturelle: l'exemple des adultes d'origine espagnole et italienne en Suisse. In: Sabatier, Colette; Douville, Olivier (sous direction de), "Cultures, insertions et santé. Actes du VIIè Congrès international pour la recherche interculturelle". Paris: L'Harmattan, 2000, pp. 225-239.
  • Bolzman, Claudio; Tabin, Jean-Pierre. 1999. Populations immigrées: quelle insertion? quel travail social?. Genève: Editions IES, 1999.
  • Bolzman, Claudio; Fibbi, Rosita; Vial, Marie. 1999. Modos de inserción socioprofesional, prácticas socioculturales y pertenencias identitarias: el ejemplo de los jóvenes adultos de origen español e italiano en Suiza. In: Revista Migraciones. Madrid, 1999. P. 61-84.
Unpublished documents
  • Bolzman, Claudio; Fibbi, Rosita; Vial, Marie; Ehret -König, Rebekka. 1996. Adultes issus de la migration: le processus d'insertion d'une génération à l'autre. Présentation du projet de recherche, Institut d'études sociales, Genève, septembre, 1996, 15 pages.
Financed by
Ethical approval No
Study type
Data availability
Source (Updates) Email
Date created 27.03.2018
Date modified 27.03.2018
Start - End date 01.09.1996 - 28.11.2000