Details
Study title
Consumers of illegal drugs without medical care
Ref study 870
Study language French
Contributing institutions
Authors
Keywords
  • Pratiques urbaines
  • Consommation de drogue
  • Drogue (consommation)
  • Déviance
  • Santé publique
Disciplines
Period
Geographical space
Suisse
Country
  • Switzerland
Abstract
At present, an estimated 25,000 to 40,000 people in Switzerland use cocaine, heroin or other opiates at least once a week. There are about 16,000 people undergoing medical treatment (2,000 in rehab facilities and more than 14,000 in methadone substitution therapies). It is therefore likely that the "hidden population" (not undergoing medical treatment and about which little information is available) is significant. But what is this "hidden population" then? Are there differences between "hidden population" and "known population" in socio-demographic characteristics, substances used, patterns and frequencies of use, health and risk behaviours, circumstances of life and general social situation?
This study aims to test methods for studying the "hidden population":
- The main objective is to develop and implement several recruitment schemes for "hidden" heroin and/or cocaine users. It is essentially a question of recruiting users on and off the drug scene, obtaining a maximum variety of types of consumption and users, conducting face-to-face interviews and generating quantifiable variables.
- The reliability and validity of these data collection methods are then assessed and the number of individuals who can be recruited by these devices and the time frame within which they can be recruited are estimated.
- The consumers recruited are described in the following terms: socio-demographic variables, modes and frequencies of consumption, social integration, health status, preventive behaviours, urban practices and social environment of consumption, elements of the evolution of addiction. Hidden population and known population are compared on these dimensions.
- Finally, the possibilities of monitoring this "hidden population" are explored.
Population under study: In previous research on the use of hard drugs in Switzerland, the recruitment of individuals for the analysis took place primarily in the context of treatment facilities or on drug scenes. But these are places where intravenous heroin users are particularly present. These recruitment methods systematically exclude certain types of drug users, namely:
Non-injectors, i.e. people who inhale ("chase the dragon"), smoke or use hard drugs intranasally ("sniff"). According to foreign studies, this is the case for those who mainly use cocaine, "new" heroin users and a large number of former injectors who now use them more occasionally.
Consumers who are not under medical treatment (substitution, withdrawal) and who live in regions of the country where there are no open drug scenes or low-threshold services in which investigations could be conducted.
Results
Les consommateurs d'héroïne et/ou de cocaïne hors traitement: les caractéristiques des sujets d'études et des nouveaux consommateurs sont diversifiées, dépendant du type de substance consommée (héroïne respectivement cocaïne) et des caractéristiques d'insertion sociale. Il reste cependant la question de savoir si toutes les catégories de consommateurs ont été recrutées. En particulier les sujets ayant de gros problèmes de santé ou sociaux sont absents de l'échantillon. Et l'étude ne permet pas de trancher définitivement sur la question de savoir s'ils n'existent pas ou si nous ne les avons pas trouvés. Cependant ils sont présents dans le groupe témoin (en traitement médical) et il semble peu probable qu'ils aient pu échapper à tous les intervieweurs.
Les sujets ont relativement peu de problèmes de santé en comparaison avec le groupe témoin. Ils ont principalement des problèmes sociaux et/ou avec la police. La distinction entre consommateurs principalement de cocaïne et principalement d'héroïne montre que les premiers ont très peu de problèmes, que leur insertion sociale est généralement bonne alors que les deuxièmes ont globalement plus de difficultés même si celles-ci semblent gérables et ne nécessitent pas d'appui thérapeutique médical ou social.
En ce qui concerne les nouveaux consommateurs, différentes questions restent ouvertes. La première est de savoir si l'étiquette "nouveaux consommateurs" reflète la réalité. En d'autres termes: ces personnes sont-elles de futurs sujets, de futurs témoins selon les définitions retenues ou vont-il rester nouveaux consommateurs de nombreuses années ne consommant finalement que très occasionnellement? Il semble important d'investiguer cette problématique et en particulier de décrire les constellations qui pourraient modifier le schéma de consommation et poser des problèmes de santé ou sociaux.
Prévention du sida: d'un point de vue de prévention de la transmission du VIH, on trouve une prévalence de séropositivité de l'ordre de 14% chez les témoins et de 5% chez les sujets. Nos données suggèrent que la séropositivité est très fortement liée à l'usage de seringues infectées. Les sujets d'étude sont proportionellement peu nombreux à s'être injecté les produits et ils sont rares à s'injecter actuellement. Dans l'ensemble ils déclarent avoir un accès relativement facile à du matériel d'injection stérile. Avec cependant une différence marquée entre les sujets des régions où il y a des centres à bas seuil, mettant à disposition du matériel d'injection et les régions où il n'y en a pas; c'est-à-dire principalement dans les cantons romands. Sans pouvoir précisément expliquer les raisons de cette différence, nos résultats montrent cependant l'urgente nécessité de développer les services à bas seuil avec entre autre distribution de matériel d'injection stérile dans toute les régions de la Suisse.
Les comportements protégés lors de relations sexuelles des sujets sont similaires à ce que l'on observe dans la population générale. Il n'est cependant pas possible de mesurer les différences entre les personnes séropositives et séronégatives étant donné la petite taille de la première catégorie. Il convient dès lors d'insister sur la nécessité de prévenir les risques de transmission du VIH qui sont un peu plus élevés chez les consommateurs de drogues et parallèlement d'essayer de préciser les risques objectifs des différentes catégories de population de consommateurs.
L'analyse des données est à ce stade limitée. Au vu de la taille de l'échantillon il est certainement possible d'affiner les analyses et en particulier les comparaisons avec les données d'autres études.
Un des objectifs importants de cette étude exploratoire concernait le monitoring des comportements risqués en matière de sida ou plus généralement de santé et d'intégration sociale de cette population. Au vu des résultats obtenus, il n'est probablement pas nécessaire d'établir un système continu de recueil des données, mais plutôt de refaire une étude semblable utilisant la même méthode de recrutement d'ici 5 ans. Cela impliquera de refaire le travail de recrutement des interlocuteurs privilégiés; ce qui prendra certainement du temps.
Methods (description)
Pour opérationnaliser la notion de "population cachée" nous avons retenu trois critères de définition. Est considéré comme "consommateur de drogues caché":
- une personne qui a consommé au moins 25 fois dans sa vie de l'héroïne et/ou de la cocaïne;
- qui consomme actuellement de l'héroïne et/ou de la cocaïne (dernière prise dans les 6 mois qui précèdent l'entretien);
- et qui n'a pas suivi de traitement médical en relation avec sa consommation d'héroïne et/ou de cocaïne durant les deux années précédant l'entretien.
Est considéré comme traitement médical (en allemand: "Behandlung") tout traitement visant à l'abstinence ainsi que tout traitement de substitution (concrètement, ce sont les types de traitement suivants: sevrage, communauté thérapeutique, suivi ambulatoire sans méthadone, traitement à la méthadone/prescription de morphine ou d'héroïne).
Méthodes de recrutement testées: concrètement dans notre recherche, nous avons envisagé les méthodes suivantes pour recruter des individus faisant partie de notre population-cible:
- la méthode des interlocuteurs privilégiés;
- la méthode de diffusion des questionnaires dans des lieux de rencontre;
- la méthode de diffuser des questionnaires par voie de presse;
- la méthode de la ligne téléphonique verte.
La méthode des interlocuteurs privilégiés s'est avérée la plus adéquate par rapport aux objectifs de cette recherche. Cette méthode consiste à former et à employer comme enquêteurs de terrain des personnes qui ont un accès privilégié à la population étudiée. Ces personnes peuvent être des travailleurs sociaux, des pasteurs de rue, mais également des consommateurs d'héroïne et/ou de cocaïne eux-mêmes.
A travers 31 interlocuteurs privilégiés, il nous a été possible d'interviewer 943 consommateurs d'héroïne et/ou de cocaïne entre juin 1994 et juin 1995 et ce sur l'ensemble du territoire national. Environ 60% des personnes interrogées correspondent aux trois critères de définition de la "population cachée". A noter que cette quantité de personnes interrogées a très largement dépassée les estimations faites au début.
L'échantillon constitué comporte 917 individus qui se subdivisent en trois groupes retenus pour l'analyse (à noter que 79 personnes nônt pu être classées dans aucun de ces trois groupes):
- 508 consommateurs d'héroïne et/ou de cocaïne "cachés" selon notre définition qui forment le groupe "sujets d'étude".
- 238 consommateurs d'héroïne et/ou de cocaïne qui se trouvent en traitement et dont le profil ressemble aux personnes recrutés dans d'autres recherches. Ils seront intégrés dans l'analyse comme groupe "témoin".
- 92 consommateurs actuels hors traitement qui indiquent avoir consommé moins de 25 fois dans leur vie de l'héroïne et/ou de la cocaïne. Ils forment un groupe de consommateurs "cachés" distinct du premier et seront intégrés dans l'analyse sous la dénomination de "nouveaux consommateurs".
Methods (instruments)
Publications
  • Kübler, Daniel; Hausser, Dominique. 1997. The Swiss hidden population study: practical and methodological aspects of data collection by privileged access interviewers. In: Addiction 1997, S. 325-334.
  • Kübler, Daniel; Hausser, Dominique; Joye, Dominique. 1996. Consommateurs de drogues hors traitement médical: aspects méthodologiques et pratiques. In: Soz. Präventivmedizin, 41(1996), Suppl. 1, S. S96-S104. Online: 10.1007/BF01318593
  • Kübler, Daniel; Hausser, Dominique. 1995. Consommateurs d'héroïne et/ou cocaïne hors traitement médical. Etude exploratoire auprès d'une population cachée. Lausanne, IREC-DA, EPFL, Rapport n° 131, Déc. 95.
  • Hausser, Dominique; Kübler, Daniel. 1995. The Zurich experience is not an argument against harm reduction policy. In: Addiction 1997, S. 325-334.
Unpublished documents
  • Kübler, Daniel; Hausser, Dominique. 1995. Les consommateurs de "drogues" illégales hors traitement médical. Rapport intermédiaire - IREC/EPFL., Lausanne, 1995.
Financed by


Mandating institution(s)
  • Université de Lausanne, CHUV, Département universitaire de médecine et santé communautaires - DUMSC, Institut de médecine sociale et préventive - IUMSP, 10, route de la Corniche, 1010 Lausanne
Study type
Data availability
Source (Updates)
Date created 23.04.2018
Date modified 23.04.2018
Start - End date 01.11.1993 - 28.12.1998