Details
Study title
Normative models of equality and the justification of unequal treatment of women and men
Ref study 1041
Study language French
Contributing institutions
Authors
Keywords
  • Rapport hommes/femmes
  • Inégalité
  • Justice sociale
  • Discrimination sexuelle
  • Privation relative
  • Genre
Disciplines
Period
1995
Geographical space
Milieu urbain
Country
  • Switzerland
Abstract
The study aims to report on how individuals manage the gap between their representations of gender (in)equality and their current practices in this field. The analysis, based on a questionnaire survey, is structured around three main theoretical axes. First, as a follow-up to studies on conceptions of justice within small groups, the study identifies the social representations of (in)equality that individuals implement in different contexts of their daily lives. Secondly, on the basis of theoretical models on the functioning of social identity, the study examines the way in which gender classification affects the processes of comparison between groups. This component aims to capture the strategies that individuals use to explain, manage and legitimize the inconsistencies that may arise between their conceptions of equality and their experience of unequal treatment practices. Finally, various studies on relative deprivation lead us to take into account the dual dimension (cognitive and affective) of experiences of gender inequality; to consider, in other words, the fact that dissatisfaction is not necessarily on a par with perceived discrimination. All of this research makes it possible to understand how inequalities between men and women are legitimised, and thus perpetuated.
Results
Il ressort de l'étude que dans les représentations populaires, les règles de justice pour définir les droits et les devoirs des femmes et des hommes, notamment en matière d'organisation conjugale et de partage du travail, sont multiples. La parité ("tout doit être partagé à parts strictement égales") est l'une de ces règles. L'équité, ou la proportionnalité des investissements de chaque partenaire dans un échange en est une autre, le principe étant que l'épouse par exemple peut compenser par sa contribution domestique l'investissement professionnel du mari. Enfin, certaines personnes (40% environ) ont une vision plus figée des rôles masculins et féminins, régulés par ce qu'on pourrait appeler la règle du statut.
Le concept d'égalité, tant présent dans le débat public, garde donc un caractère général et flou qui laisse la porte ouverte à de nombreuses interprétations. A l'examen des pratiques adoptées par les couples dans les domaines ménager, éducatif et professionnel, sa portée semble même passablement limitée. L'étude effectuée montre en effet que les pratiques n'ont guère évolué et qu'elles se perpétuent indépendamment des normes de justice que les individus avancent au niveau principiel: même dans les couples où l'on adhère au principe d'égalité, les activités de chaque partenaire sont essentiellement séparées, et jugées plus complémentaires qu'inégalitaires.
L'une des raisons expliquant cet écart entre principe et réalité est que les conjoints puisent dans leur quotidien de multiples arguments qui les conduisent à justifier leurs contributions différentes et, partant, à conférer à l'inégalité une certaine légitimité. Les contraintes imposées par la réalité quotidienne ou la nécessité de maintenir un certain équilibre conjugal par exemple sont des arguments régulièrement avancés. Une autre raison est que l'inégalité traversant les rapports interindividuels (dans le couple ou au travail) est fortement minimisée par les femmes et les hommes. Par opposition, la discrimination sexuelle est largement reconnue sur un plan collectif, intergroupe, lorsqu'il s'agit de juger la situation des hommes face à celle des femmes en général. A ce titre, l'on constate que le débat actuel sur l'égalité pénètre les jugements de justice élaborés sur une base catégorielle, mais que ses implications peuvent constituer, pour les individus mariés du moins, une sorte de menace dont il faut se protéger pour assurer la continuité des échanges interpersonnels mis en place et le fonctionnement de l'organisation quotidienne.
Methods (description)
L'enquête touche un échantillon représentatif de 400 femmes et hommes, mariés, suisses, âgés de 25 à 60 ans, résidant en milieu urbain, interviewés individuellement par questionnaire standardisé durant 1h30. Méthode d'exploitation: analyses statistiques diverses avec SPSS.
Methods (instruments)
Publications
  • Roux, Patricia; Perrin, Valérie; Modak Marianne, ; Voutat, Bernard. 1999. Couple et égalité. Un ménage impossible. Réalités sociales, Lausanne, 1999.
  • Roux, Patricia. 1998. La discrimination sexuelle: un problème de société auquel la majorité des citoyenNEs pensent échapper dans leurs relations quotidiennes. In: T.-H. Ballmer-Cao et V. Gonik (éd.): Hommes/Femmes: métamorphoses d'un rapport social. - Genève: Georg, 1998.
  • Perrin, Valérie; Roux, Patricia. 1996. Egalité et justice entre femmes et hommes: résultats empiriques sur les raisonnements de justice sous-jacents aux conceptions de la division sexuelle du travail. In: Revue Suisse de sociologie, 22(2), 1996, pp. 433-460.
  • Voutat, Bernard; Roux, Patricia; Modak Marianne, ; Perrin, Valérie. 1995. Principe d'égalité et pratiques inégalitaires entre hommes et femmes. In: Regards sociologiques, 9/10, 1995, pp. 21-37.
Unpublished documents
  • Roux, Patricia; Perrin, Valérie; Modak, Marianne; Voutat, Bernard. 1996. Modèles normatifs de l'égalité et justifications des pratiques inégalitaires entre femmes et hommes. Rapport FNRS/PNR 35. - Université de Lausanne, ISSP, 1996.
  • Roux, Patricia; Perrin, Valérie; Modak, Marianne; Voutat, Bernard. 1996. Modèles normatifs de l'égalité et justifications des pratiques inégalitaires entre femmes et hommes. Université de Lausanne. Faculté des sciences sociales et politiques, 1996.
Financed by
Study type
Data availability
Source (Updates)
Date created 23.04.2018
Date modified 23.04.2018
Start - End date 01.01.1994 - 28.02.1996