Details
Study title
Single-parent families in Ticino: a psychosocial survey
Ref study 1102
Study language French
Contributing institutions
Authors
Keywords
  • Besoins
  • Famille monoparentale
Disciplines
Period
1992-1993
Geographical space
Tessin, canton
Country
  • Switzerland
Abstract
The family in Switzerland, as in other Western countries, has undergone various transformations linked to economic, social and cultural changes, with, in recent decades, an increase in families with only one parent and under-age children. In recent years, single-parent families have been studied mainly from the economic, legal and psychiatric points of view. The objectives of our research are in particular: analysis of socio-demographic, economic and cultural aspects, analysis of the evaluation of the family situation and events, analysis of loneliness, stress, exhaustion and other problems, analysis of concerns and needs expressed.
Results
Le type de monoparentalité, c'est-à-dire les veufs, les divorcés, les séparés et les singles, correspond effectivement à des perceptions de soi et du monde, à des caractéristiques socio-démographiques différentes avec toutes les conséquences qui en dérivent. Les séparés sont le groupe qui résulte avoir le plus de difficultés, ce qui est compréhensible car souvent ils se trouvent dans une situation moins définie à tous les niveaux, y compris celui financier, et par conséquent ils expriment le plus de besoins: surtout d'aide financière, mais aussi par rapport à la garde des enfants, au travail, à la requalification professionnelle et concernant le logement.
La problématique du travail est caractéristique des monoparentaux. En sachant qu'il s'agit en grande majorité de femmes, nous avons trouvé, comme d'ailleurs d'autres études (Lefaucheur, 1977) que le taux d'activité pour certaines catégories (divorcés) est presque le double que celui des femmes mariées. Cela évidemment à cause de la nécessité de subvenir à leurs besoins matériels et à ceux de leurs enfants.
Les possibilités économiques sont sûrement le point nodal de l'existence et surtout de la possibilité de s'organiser d'une famille monoparentale. Francescato (1992) reporte des études qui montrent une forte relation positive entre bien-être psychologique et absence d'anxiété après le divorce, et statuts économique et qualité des relations interpersonnelles avec son réseau social; comme d'ailleurs une plus grande sûreté chez des séparés avec une rente et une formation élevées, une bonne condition de santé et une activité professionnelle gratifiante. Cela confirme nos résultats où nous voyons que les divorcés qui travaillent plus souvent à pleins temps, ont une bonne formation scolaire et par conséquent des postes de travail qualifiés, ont aussi un bon jugement de leur situation professionnelle et se sentent moins anxieux.
II est intéressant de remarquer que les personnes les plus défavorisées au niveau financier, et avec une profession non qualifiée, sont aussi celles qui ont le taux de requalification professionnel le plus bas. Cela signifie qu'au-dessous d'un minimum financier qui permet une certaine tranquillité la possibilité d'une requalification ne se pose pas, ou bien que le fait de n'avoir aucune formation préalable ne fait pas envisager des possibilités de changement. L'image de soi et la façon de faire face aux événements sont en relation avec le statut professionnel.
Les thèmes des ressources sociales et du coping, des modes de faire face aux situations sont strictement liées. Les relations entre stress, fatigue et coping montrent comme surtout les femmes avec des difficultés financières et selon le niveau d'occupation (plus il est bas plus le stress est ressenti) soient stressées. Par contre, l'âge n'influence pas ces aspects. Le background de provenance est aussi à prendre en considération. Dans la mesure où on dispose de moins de ressources sociales, on rencontre plus la tendance à faire face aux événements avec une réponse de stress.
En schématisant, nous essayons de tirer les profils qui se sont délinées.
On peut en effet tout d'abord entrevoir deux types de constellations différentes qui se créent dans la condition de monoparentalité. D'une part le groupe de chefs de familles monoparentales qui affirment que la situation s'est améliorée par rapport à avant la rupture du lien, qui ressentent moins de tensions qu'avant, vivent une situation personnelle économique et éventuellement affective plus stable, ce qui est le cas surtout pour une partie des divorcés; ces personnes peuvent elles-aussi exprimer des besoins, surtout si elles disposent d'un revenu global bas, mais elles sont plus souvent satisfaites et ne semblent pas constituer un groupe à risque pour l'évolution de leur famille en ce qui concerne leur bien-être psychologique. D'autre part les autres, qui sont la majorité, pour qui la monoparentalité a représenté un empirement de leurs conditions de vie, qui vivent des situations différentes, avec plusieurs nuances et avec des niveaux de réajustement atteints très différents d'une situation à l'autre.
Pour ce qui concerne ce deuxième groupe, dans les grandes lignes il nous résulte deux types de situations ayant des caractéristiques assez bien précisées. Nous trouvons la situation des personnes n'appartenant pas au niveau socio-économique plus bas, donc au-dessus de au minimum 3000 francs par mois: pour ce groupe, d'autant plus si les revenus globaux sont plus hauts, ont une influence des aspects psychologiques tels que la capacité individuelle à faire face aux événements et une bonne image de soi, et aussi une formation au moins moyenne, ce qui constitue un ensemble d'aspects de base qui rendent plus probable le fait que la personne entreprend un parcours favorable pour soi-même et pour ses enfants comme une requalification professionnelle, un plus grand investissement dans une profession qui ne soit pas trop déqualifiée, le maintien de ses amitiés et l'établissement de nouvelles connaissances.
De l'autre côté nous avons les personnes appartenant aux couches économiques et sociales plus basses, pouvant compter sur un revenu global qui ne dépasse pas les 3000 francs par mois, ou les 2000 francs, pour lesquelles tous les problèmes semblent s'accumuler: une formation de base basse ainsi qu'un niveau professionnel bas, ou souvent le fait d'avoir une activité occasionnelle, pas de connaissances par rapport à ses droits, aux opportunités existantes, aux services où s'adresser, peu de relations sociales peu de supports et l'impossibilité à accéder à une requalification professionnelle; pour ces personnes même les déplacements et les transports sont souvent un problème, la possibilité de nouvelles connaissances est très limitée, l'évaluation quant à ses possibilités et ses ressources pour affronter les difficultés est négative; tout cela contribue à renforcer une image de soi négative, où sont absents ou presque les facteurs de protection par rapport à l'anxiété cités plus haut, donc les personnes se sentent plus souvent fatiguées, stressées, ont beaucoup des préoccupations et de besoins d'aide, en premier lieu, comme nous avons vu, à un niveau financier, mais non seulement.
En effet, tous ces aspects interagissent dans un processus circulaire, qui constitue un cercle vicieux où tous ces aspects se renforcent réciproquement.
Methods (description)
Les entretiens en profondeur: Pour vérifier la pertinence des thèmes à toucher en vue des buts proposés et pour construire par la suite le questionnaire, au cours de 3 mois nous avons interviewé 21 chefs de familles monoparentales dont 18 femmes et 3 hommes: cette proportion respectait les données à notre disposition qui indiquaient un homme chaque sept femmes monoparentales. Dix sont divorcés (dont deux hommes), quatre séparés (dont un homme), deux veuves et cinq célibataires. De ces 21 familles, trois bénéficient de l'assistance publique. Trois d'entre elles résident dans des centres urbains, 8 dans la ceinture urbaine et dix dans des zones périphériques. L'interview a été enregistrée.
Le recrutement a été casuel: on a pris en considération trois familles appartenant à l'Association des familles monoparentales et les autres à travers différents canaux afin d'avoir une distribution différenciée soit par rapport au lieu de résidence qu'au niveau professionnel. Cet échantillon ne se veut toutefois pas représentatif de la monoparentalité tessinoise, cela n'étant pas le but d'interviews en profondité. L'interview était semi-structurée: les questions générales préfixées ont été les suivantes: rôle parental, support social, nouvelles relations sentimentales et futur, préjugés, travail, difficultés principales, assistance, besoins. Sur la base des interviews nous avons construit le questionnaire qui a été ensuite envoyé à la population monoparentale tessinoise et, en forme réduite, à l'échantillon de familles biparentales du groupe de contrôle.
L'enquête dans la population: aux familles monoparentales résidentes au Tessin ont été envoyé 3942 questionnaires; nous avons reçu 1600 questionnaires dont 1295 répondant à nos critères de sélection (au moins un enfant à charge, enfants d'âge inférieur à 21 ans, âge du chef de famille entre 17 et 60 ans).
995 questionnaires ont été envoyés à un échantillon aléatoire de familles biparentales pris comme groupe de contrôle: 380 sont retournés dont 291 répondant à nos exigences. La représentativité des deux groupes de répondants à notre enquête a été évaluée en les confrontant avec les familles monoparentales et biparentales du Recensement 1990.
Le questionnaire se compose d'une partie relative aux données socio-démographiques, à la composition familiale, à la famille d'origine, à l'ex-conjoint/partenaire, à la formation et à la situation professionnelle de l'intéressé, au contexte social et aux supports dont le parent dispose et d'une partie de questions spécifiques relatives aux préoccupations, aux besoins, à la situation financière et à la situation personnelle (en particulier à l'image de soi, le stress et la fatigue ressentis).
Les questionnaires et les résultats de cette enquête ont été présentés aux responsables de l'Association Tessinoise des Familles Monoparentales pour une confrontation ultérieure sur les thèmes touchés.
Methods (instruments)
Publications
  • Molo-Bettelini, Cristina. 1993. Les familles monoparentales au Tessin. Rapport final, Mendrisio, 1993.
Financed by
Study type
Data availability
Source (Updates)
Date created 23.04.2018
Date modified 23.04.2018
Start - End date 01.08.1991 - 28.10.1992